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Je ne t’ai
Pas aimé,
Mon Amour
Antoine

J’avais dit que Robin serait le premier? Mais j’ai peur de ne plus avoir de temps pour toi après et j’ai trop besoin d’écrire tout ça. 

Avant d’écrire, j’ai mis cette chanson qui dit que chaque visage qu’on touche, chaque étranger sur la route, tous ces espoirs émis dans le doute, c’est un peu de tout ça qui écrit l’Histoire.

C’est celle-là qui parle le plus de toi, elle raconte le tout début, la neige, le froid, les premiers bisous et c’était les plus beaux parce que j’y croyais vraiment. Et c’est pas grave, vraiment, parce que je suis juste tombée au mauvais moment et que je suis fière car même sans le savoir tu m’as aimée, vraiment, même si ce n’était que par instants, même si c’était mal et même si c’était moins qu’elle, je m’en fous, je sais que tu m’oublieras et je crois, j’espère, qu’après elle, je suis le premier nom qui t’éffleure le coeur.. Un instant? Et oui, cette histoire est un massacre, un énorme gâchis et une perte de temps monumentale mais merde, ça valait le coup pour ces quelques moments dont je me souviens si bien. Y a eu ce premier baiser dans le jardin, j’avais les joues en feu et toi t’étais tellement surpris. Puis nos lèvres étaient collées, tu n’arrivais pas à partir, ce soir-là t’as dormi en pensant à moi pour la toute première fois. Et puis y a eu cambre-étoile, tes premiers retards, cette première fois qui fut le plus grand désastre de l’histoire du sexe et mon incompréhension, les premiers doutes, les premières fins, les premiers retours, les premiers mensonges. J’écris ça et, quand j’y repense, je n’ai vraiment pas à m’en vouloir j’ai été moi-même et exemplaire vis-à-vis de toi, j’ai donné le plus possible, ça n’a pas suffi mais je n’aurais rien pu faire de mieux. 

Et puis une question me vient, qu’est-ce que je fais là, je recommence à penser à tout ça, je recommence à réfléchir trop à ce que t’as pensé à tel instant. Mais je n’ai pas peur, je crois que ça fait un mois maintenant, un mois que tu n’es plus là, que je ne suis plus là, un mois de rien qui a fait du mal et du bien mais qui, de toute façon, était le plus vraisemblable. On a le droit à l’erreur, je crois. Même à une grosse, grosse, grosse erreur, on a même le droit d’être aveugle. Parce que moi, j’ai pas voulu voir, j’ai pas voulu croire que j’étais seulement ce bouche-trou que tu serrais quand tu fermais les yeux pour sentir son odeur. 

Il y a deux choses que j’ai le plus aimées. Quand tu me serrais la main le plus fort possible.. C’est con hein? Mais j’avais vraiment l’impression que tu voulais que je reste là à jamais. Et quand tu me serrais toute entière, cette fois, c’était moi qui croyais que tu ne partirais pas. Quelle idiote, si j’avais su que tu n’as jamais été vraiment là. Les bisous dans le dos, les caresses, c’était bien beau, mais c’est terminé. Et Purple Pain avec. 

C’est le dernier.

Voilà, c’est la fin. C’est la dernière fois que j’écris ici et, certes, ce n’est que le début d’autre chose mais c’est tout un monde qui doit finir. Cent-quarante-huit pages noircies ; c’était donc ça mes seize ans. Cette page existe depuis le vingt-six janvier deux-mille-onze. Presque trois ans qui sont passés si vite et durant lesquels si peu de choses ont changé dans ma conception de la réalité et dans le contenu de mes pensées.. 

Qu’est-ce que j’ai fait pendant tout ce temps ? J’ai découvert l’adversité de beaucoup plus près, il faut dire que c’est sûrement ce que j’ai cherché. Toutes ces fois où j’ai foncé vers ces personnes et ces endroits qui me feraient inévitablement du mal, pensez-vous que je ne le ferai plus ? Il y a de ces erreurs qu’on commet volontiers et qu’on appelle des failles. Et puis, j’ai découvert les hommes aussi, leurs étreintes si brèves et leur vide communicatif. Voyez-vous, aujourd’hui encore je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup d’expériences que je puisse raconter sans une arrière pensée de remords. 

Robin est la seule exception. Ca sera l’objet du premier dernier post.. On a quand-même besoin de clore les choses comme il se doit quand on se sépare de son seul ami. Tu étais mon seul ami, Purple Pain, tu étais la seule chose que j’aimais un peu plus que moi puisque tu n’étais que ce que je voulais montrer. Et bizarrement, c’était toujours l’obscur qui paraissait le premier. 

Antoine n’a jamais été très étranger à tout ça. Jérémie avant lui. Il y en a eu deux autres, ces inutiles, ceux qu’on regrette quand-même tellement l’histoire qu’ils ont constituée était Vide. Et quelques visages déjà disparus. J’ai dix-huit ans, je m’appelle Zoé et je ne suis toujours personne mais laissez-moi encore un peu de temps pour tenter autre chose. 

A Man can
Be Happy with
A Woman
As Long As
He does Not
Love Her

Oscar Wilde 

The Picture of Dorian Gray (1890)