Et me voilà donc. Vide de tout sentiment si ce n’est cette tristesse constante qui m’envahit. Et comment en faire fi sans même en connaître l’origine ? J’excelle dans l’art de la plainte et maintenant j’aimerais apprendre à aller de l’avant pourtant la faim ne justifie pas que je m’en donne les moyens. A quoi bon avoir des buts, si je sais que les atteindre ne me rendra pas plus heureuse ? J’avancerais tellement plus vite si je cessais de me poser autant de questions. Comment s’y prendre pour cesser de n’être qu’une petite conne avide de réponses impossibles? Voilà une question de plus. Je veux incarner la Joie à nouveau. Mais je ne veux rien faire pour y parvenir. Il me faudrait tout simplement quelque chose d’autre pour m’occuper l’esprit. Un mec, par exemple. Mais la complexité que je représente les repousse et c’est bien connu, la complexité repousse. J’aimerais rencontrer le type que cette complexité ne chassera pas, celui qu’elle intriguera, justement. Et s’il n’existe pas, alors mon rêve, le plus grand souhait que je puisse faire, c’est de me recroqueviller sur moi-même jusqu’à atteindre la taille d’un Angström ou plus petit encore si toutefois cela est possible. Rapetisser jusqu’à disparaître et n’être qu’un bon ou mauvais souvenir pour ceux qui m’ont cottoyé tout en n’arrivant pas, et je pense là à ceux qui ont tout du moins tenté de le faire, à me rendre plus heureuse. Ou moins malheureuse, mais ça relève du verre à moitié plein ou à moitié vide. Il existe des pages et des pages à ce sujet, mais qu’en est-il de ceux pour qui, comme moi, le verre semble Vide ? Je vide des verres et des verres d’éthanol jusqu’à me sentir ivre : L’ivresse est le moment où être heureux ne relève plus de la volonté mais de la logique. Je porte la bannière de la faiblesse humaine et de la stupidité de tous ceux qui avaient ou ont des chances et qui prennent soin de les gâcher une à une.
Puglia, Les Pouilles
Et me voilà donc. Vide de tout sentiment si ce n’est cette tristesse constante qui m’envahit. Et comment en faire fi...